Le problème environnemental

La société moderne génère de grandes quantités de sous-produits qui, sans une adéquate valorisation, deviennent des déchets représentant une menace considérable pour l’environnement et la santé humaine et animale.

La gestion des déchets est devenue une priorité politique dans de nombreux pays. En fait, la protection de l’environnement est l’une des dimensions clés de la stratégie de développement durable de l’Union européenne. Cependant, l’un des principaux défis de nos sociétés est aujourd’hui de faire face à cette énorme quantité de sous-produits et déchets primaires de manière acceptable du point de vue environnemental.

Ce projet vise à contribuer au développement et à la démonstration d’approches, technologies et méthodes innovantes pour la valorisation énergétique des déchets et des sous-produits organiques générés dans la commune de Lorca. La gestion de ces sous-produits et déchets organiques représente un coût pour la municipalité (déchets d’élagage et de jardinage, déchets de bois, boues issues du traitement des eaux usées urbaines), pour les éleveurs (lisier et carcasses de porc) et pour les industries agro-alimentaires telles que des abattoirs (sang et poils, entre autres). La gestion et le transport de ces matériaux comportent des risques environnementaux et sanitaires. Il est donc nécessaire d’encourager des mesures pour leur traitement et transformation in situ. En outre, les processus de gestion de ces déchets ont un coût économique élevé qui doit être compensée par des initiatives de valorisation.

Tous ces produits et déchets organiques posent un grave problème environnemental, à la fois par leur volume et par la valorisation limitée ou nulle de beaucoup d’entre eux. Ces matériaux organiques (à l’exception du lisier) finissent normalement dans un site d’enfouissement ou sont pris en charge par un gestionnaire agréé.

Estimation de la production annuelle de déchets et sous-produits au niveau régional, national et européen (UE-25):

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Un des principaux problèmes est de traiter ces déchets de façon satisfaisante du point de vue environnemental. Par ailleurs, on doit minimiser leur flux vers les sites d’enfouissement et encourager le recyclage des matériaux organiques pour l’amendement des sols, en réduisant les coûts et en essayant de les valoriser.

Estimation des coûts de gestion de ces déchets et sous-produits au niveau régional, national et européen (UE-25):

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Jusqu’à présent, le moyen le plus souvent utilisé pour la valorisation des déchets et sous-produits organiques a été le compostage. Cependant, il ne faut pas oublier que le compostage est un processus consommateur net d’énergie, nécessitant de 50 à 75 kWh par tonne de matière traitée dans le cas des déchets solides urbains (DSU). D’autre part, la grande majorité des résidus et sous-produit organiques sont difficiles à composter en raison de leur très forte teneur en eau, souvent supérieure à 80 %, ce qui rend nécessaire et indispensable l’utilisation d’agents structurants. Ces agents ne sont pas naturellement abondants dans toutes les zones géographiques et doivent donc être importés, entraînant des coûts supplémentaires de transport ou des problèmes de disponibilité saisonnière, ce qui peut rendre le projet irréalisable. Cette grande quantité d’eau dans la composition de ces matières organiques, défavorable pour le compostage, est en revanche un atout pour la méthanisation, processus qui nécessite une matière fermentescible aussi liquide que possible afin de faciliter l’action des bactéries méthanogènes.

D’autre part, pour prévenir et contrôler l’impact sur l’air, le sol et l’eau, on utilise différents niveaux de traitement des déchets ainsi que différentes méthodes d’élimination. Le choix de la méthode doit toujours être fondé sur un maximum de sécurité, un impact minimal sur l’environnement et, autant que possible, sur la valorisation des déchets et le recyclage des produits finis. Une des principales tendances des politiques de gestion des déchets est aujourd’hui la réduction des flux de déchets ver les décharges (enfouissement) et le recyclage de la matière organique et des nutriments pour les plantes en les retournant à la terre. La digestion anaérobie (DA) est une façon d’atteindre cet objectif qui, par ailleurs, permet de réduire la consommation d’énergie ou même d’en produire. Quand on travaille avec des DSU, le processus de DA pour la production de biogaz présente un bilan énergétique net positif, d’environ 75 à 150 kWh par tonne de substrat traité.